Chat échaudé craint l’eau froide…

par | Avr 11, 2012

1. La situation est-elle identique à 2011 ? Qu’est- ce qui est différent ?

Non, si le sujet est identique, la situation est différente.

Reprenons ce qui s’est passé en 2011 pour expliciter ces différences :

Après 2 ans d’inquiétude sur la Grèce (2009-2011), on a assisté durant l’été 2011 à la diffusion du problème grec à l’ensemble des pays de la zone euro. En se protégeant contre ces nouveaux risques, notamment via les CDS, les investisseurs ont provoqué la baisse des marchés actions et généré un cercle vicieux.

Ce phénomène de contagion était tel, qu’il a remis en cause tout un système basé sur l’usage des déficits dans les budgets des états. Cette nouvelle défiance des investisseurs a provoqué la nécessité de changements d’axes et de nouvelles solutions pour tenter de calmer le jeu dans l’attente de vrais choix stratégiques.

Sur les marchés financiers, on a d’abord assisté à un arrêt des achats de protection contre les risques de crédit des états ; puis, mieux encore, à une première phase de rachats de ces protections. Par effet de vase communiquant, le marché a connu un rebond mécanique d’une rare ampleur, en dépit de données macroécomiques contradictoires.

Le mouvement actuel de défiance est apparu au début du mois de mars lorsque les dirigeants espagnols, après avoir manqués leurs objectifs en termes de déficit, se sont également contredits à quelques heures d’intervalles. Les doutes induits par ces incohérences de communication ont alimenté au fil des jours un mouvement d’achats de protections sur la dette espagnole. Toutefois, contrairement à la situation grecque de l’été 2011, ce mouvement n’a pas entraîné la même recherche de protection sur les autres états, notamment Italien et Français, l’effet de contagion n’a pas eu lieu.

Mais la peur des investisseurs de revivre la séquence de l’été 2011 (dettes grecques renégociées, chute, puis forte hausse inexpliquée pour beaucoup des marchés financiers,…) a généré un mouvement de panique, expliquant les ventes sèches de titres (par anticipation du risque) espagnols, italiens, français, etc…

2. Qu’est ce qui a déclenché ce mouvement ?

La confiance était fragile car portée simplement par les premiers débouclements (une toute petite partie) des protections installées cet été. De plus, le problème est si complexe, que la confiance ne peut s’installer que progressivement. Un premier pallier a été franchi avec les premiers débouclements des protections installées cet été.

Ce mouvement s’explique par plusieurs phénomènes :

  • Craintes par rapport à l’été 2011 après un mouvement haussier de décembre à mars, resté pour beaucoup incompréhensible, surtout au regard de données macroéconomiques contradictoires et partiellement décevantes,

 

  • La communication espagnole du mois de mars autour de leur budget et la dramatisation de leur situation,

 

  • Le souvenir que les dettes grecques ont été renégociées, et les CDS (protections) néanmoins payés, a amplifié le phénomène de crainte. Les investisseurs se sont retrouvés face à la peur de subir les mêmes effets,

 

  • Mario Draghi (BCE), dans sa communication, qui ne parle que d’inflation au moment où les investisseurs attendent des réponses sur l’Espagne,

 

  • Les dirigeants de la Bundesbank, en contradiction avec la BCE, alimentent le problème sur l’Espagne, et rajoutent de l’huile sur le feu en communiquant maladroitement sur les titres acceptables en collatéraux.
  • Ainsi, les exemples d’absence de concertation des dirigeants de la zone euro se sont multipliés alors que la situation semblait aller mieux !!!

 

3. Qu’est-ce qui peut arrêter ce mouvement ?

 

La principale leçon de ces crises multiples est que la solution concertée réapparait lorsque nous sommes au pied du mur !

Or ce mois d’Avril devrait marquer les engagements internationaux (FMI) vis-à-vis du pare-feu européen.

Le fait que la situation soit beaucoup plus tendue, aussi bien du côté des perdants (pays de l’Europe du sud) que des gagnants (USA et Allemagne), favorise une plus grande propension à chercher une solution durable.

Comme nous l’exprimons aujourd’hui (11/04/2012), pour l’instant, les protections sur les dettes italiennes et françaises n’ont pas atteint le seuil critique (expression de l’aversion pour le risque) du mois de novembre 2011 ; d’où l’idée que tout élément favorable, toutes propositions allant dans le sens d’une participation internationale, provoquerait un soulagement au moins aussi important et plus serein que celui initié en décembre 2011. 3

4. Qu’avons-nous fait ?

Dans cette phase de transition, après analyse de nos signaux, qui sont revenus sur les bornes hautes des seuils d’intensité en cours (intensité entre 2 et 3 sur notre échelle de risque liée aux interactions synthétiques qui va de 0 à 5) nous avons choisi de maintenir notre exposition de 32% aux marchés actions.

En effet, nous avons observé quantitativement et analysé qualitativement que la propagation du risque espagnol au reste de la zone euro, principal danger, ne s’est pour l’instant pas réalisée.

Nous croyons à une prise de conscience et une concertation internationale pour résoudre ce problème complexe et aigu de la dette des états.

Cette conviction se renforce à mesure que les voies de recours et les initiatives locales semblent épuisées, et que le spectre du précipice réapparaît.

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